Vous n'allez pas me croire. Après plusieurs mois, voir même plusieurs années de monologue de ma part à Son adresse, Dieu m'a répondu. Oh ! Pas concrètement bien sur, mais à force de communiquer avec le ciel, comme moi, on parvient facilement à interpréter les signes qu'il nous envoie.
Le susmentionné signe s'est traduit sous la forme concrète d'une crotte de chien, dans laquelle j'ai élégamment posé le pied gauche, alors que je me demandais si Notre Seigneur avait bien reçu ma dernière missive. Traduction explicite du message divin : Je t'emmerde, lâche moi la basque (gauche je suppose, si on va plus loin dans l'interprétation de son message odorant).
C'est le cas de le dire.
Bref, nullement échaudée par ce manque d'amabilité du Tout Puissant, et bien j'ai décidé d'aller lui rendre une petite visite personnelle, dans le style qu'on dégobille à un vieil ami. J'espérais seulement que l'ange Gabriel ne soit pas à la réception. Lui et moi avons eu un petit accrochage lors de notre dernière rencontre.
Manque de bol, ou plutôt grâce au pot qui me caractérise, la demeure du Divin était fermée. A clé. Et personne bien sur, pour ouvrir à l'intérieur, malgré mes coups sourds contre le bois de la porte. Il est loin le temps où, par une nuit orageuse, les silhouettes encapuchonnées, serrant un bébé difforme dans leur bras, s'écrasaient sur les marche d'une église en hurlant : Asile ! Je demande Asile !
Dans ce genre de scénario, le prêtre ouvrait grand la porte de son église, ou plutôt de sa cathédrale, et faisait entrer la silhouette avant de tirer la langue et de faire un bras d'honneur à ses poursuivants, qui s'avéraient généralement être de la police. Mais bref, passons. Dans ce genre d'histoire, l'homme de foi, qui a eu du mal à émerger de son sommeil profond, ouvre parfois le battant trop tard et le méchant policier tue la femme qui laisse son enfant tomber par terre.
En tout les cas, dans l'affaire qui nous occupe, personne n'est venu m'ouvrir, trop tard ou pas. J'ai même eu le temps de me faire attaquer par un poulet surgit d'on ne sait où, les babines dégoulinantes de bave, qui s'est adressé à moi en ces termes, une aile levée vers l'avant :
« COT ! »
Ne comprenant pas un traître mot de la langue des coqs, j'ai tout de même saisit le message, rendu explicite par la petit moustache qu'il avait au dessus du bec et de la croix gammée qu'il arborait sur sa crête : Tu es morte !
C'est là que je me suis rendue compte que j'avais dû rester trop longtemps au soleil, sur le pas de porte de notre Seigneur.
Tout ça pour dire que l'asile, de nos jours, n'est plus donné par personne, dans la mesure où l'on considère que le monde n'est qu'un grand hôpital psychiatrique et que, de ce fait, la valeur d'asile n'à plus de raison d'être dans des endroits spécifiques et s'applique à tous le globe.
Ainsi on constate que Dieu, dans sa grande mansuétude, a rayé le mot tradition de son vocabulaire.
Affaire à suivre, j'ai finis par envoyer un télégramme par colombe voyageuse, en espérant qu'elle ne se perde pas en chemin, comme la dernière, qui avait mit plus d'un mois pour rallier le paradis. Parait-il qu'elle avait perdu pas mal de plume pendant le voyage.
Qu'est ce que j'y peux moi ?